Biennales de l’Éducation Nouvelle Nantes 2024
« Convergences » est une organisation inter-mouvements qui s’est initiée en 2017 pour organiser les biennales de l’Éducation Nouvelle. Elle regroupe l’ICEM (institut coopératif de l’école moderne), le mouvement Freinet français, la FIMEM la fédération internationale des mouvements Freinet, les CRAPS cahiers pédagogiques, la FESPI (Fédération des Établissements Scolaires Publics Innovants), FICEMEA (Fédération Internationale des CEMEA), les GFEN Groupe Français d’Éducation Nouvelle et le LIEN (Lien International d’Éducation Nouvelle).
Éducation Populaire y participe en tant que membre de la FIMEM.
La biennale de l’Éducation Nouvelle a eu lieu :
- en 2017 à Poitiers
- en 2019 à Poitiers
- en 2021 à Calais
- en 2022 à Bruxelles
L’évènement à Calais était symbolique puisqu’il célébrait les 100 ans du premier congrès de l’éducation nouvelle qui a eu lieu à Calais en 1921.
Biennales de l'éducation nouvelle 2024
En savoir plus sur le site de Convergences
Vous retrouverez ci-dessous le programme des Biennales, qui viendront se nourrir des notes prises sur place.
26-29 octobre : Formation pré-biennale
La biennale de l’Éducation nouvelle débute ce mercredi, mais certains membres de notre mouvement ont déjà été en action ces derniers jours. En lever de rideau de cette biennale, Philippe Meirieu et quelques autres ténors et cantatrices de l’Éducation Nouvelle s’étaient mis au défi de former 30 formateur-trice-s en 3 jours. Cent autres participant-e-s étaient ce mardi leurs « cobayes » pour se tester au rôle de formateur-trice-s. Pari réussi ! Nous avons travaillé en sous groupe d’une dizaine, le sens même de la notion d’éducation nouvelle, en partant, par exemple, du document « quelques citations de l’éducation nouvelle » des CEMÉA France et l’après-midi, nous avons suivi des divers ateliers dont l’un intitulé « Éducabilité : réalité ou utopie ? ». Une bonne entrée en matière.
Ce mercredi, c’est parti pour l’ouverture réelle de la biennale. Un grand chapiteau, 400 personnes et la perspective de pouvoir échanger, entre mouvements proches, pendant 4 jours… Quatre jours pour s’inspirer des résistances européennes… Les mouvements italiens ont quelques longueurs d’avance sur nos amis français et nous, nous découvrons seulement l’influence d’une nouvelle ministre MR à la barre de l’enseignement. Cela permet de relativiser notre situation… Il est à noter que les collègues italiens sont particulièrement nombreux cette année. Faut-il être dans leur situation pour se mobiliser ?
La journée débute par une plénière avec le traditionnel discours du maire de Saint-Herblain et de l’adjointe au maire de la ville de Nantes. Ils sont suivis d’un discours politique porté par le comité de pilotage de Convergences. Les 5 axes de travail de la biennale en sont les grandes lignes :
- Éducation Nouvelle et échec scolaire socialement marqué
- Éducation globale, Éducation Populaire, Éducation Nouvelle
- L’Éducation Nouvelle face aux totalitarismes et populismes
- L’Éducation nouvelle face au défi écologique
- Privatisation, marchandisation, coopération, internationalisme
Les discours ont ensuite été interrompus par un trio que certain-e-s connaissent Monsieur Schlémil, Madame Chabotte Tripouille et Pepito, les trois clowns connus des congressistes de l’Icem.
La biennale s’ouvre par deux intervenantes un peu extérieure : la première est belge puisqu’il s’agit de Christine Mahy, présidente de l’observatoire wallon de la pauvreté. Son intervention est très remarquée, et en particulier le concept de « Droit à l’aisance » qu’elle développe dans son discours. Une captation vidéo de ce moment a été faite et sera sans doute disponible très bientôt sur le site de Convergence(s).
30 novembre : ouverture
Yvette Lecompte, présidente de la FICEMEA, Christie Mahy, présidente de l’observatoire wallon de la pauvreté.
La compagnie « Tape l’incruste », bien connue des congressistes de l’ICEM
Ateliers
Voici quelques compte rendus d’ateliers vécus (notes prises en facilitation visuelle)
Atelier Un enjeu essentiel : faire vivre la coopération ! Par : ICEM François Lemenahèze
À partir de la sortie récente de mon dernier livre (« Coopérer pour changer de monde » – F Lemenaheze) et de mes divers travaux et pratiques en pédagogie Freinet sur la coopération, je propose un atelier. Celui–ci pourrait s’articuler autour d’une présentation rapide de mon livre puis d’un échange avec le public sur les valeurs fondatrices de la coopération
dans le monde d’aujourd’hui et notamment dans l’École. Toutes les pratiques de coopération pourront être abordées.
Apprendre ensemble- la classe coopérative multi-âge de cycle 4 Par : CRAP Stephane Gore
L’atelier sera l’occasion de présenter une expérimentation en cours de classe multi-âge coopérative (initialement de cycle 4), au collège Sophie Germain, d’y discuter :
– Des impacts de cette organisation sur les élèves (sentiment d’efficacité personnelle, apprentissages, compétences sociales…)
– Des choix didactiques et pédagogiques mis en œuvre au sein des disciplines.
– Des cohérences construites entre les enseignements via des dispositifs, des outils, des démarches, etc.
– Des évolutions envisagées pour transformer l’expérience scolaire des élèves.
– Des leviers et des freins dans le développement professionnel d’une équipe d’adultes.
On y échangera sur des propositions, des idées différentes susceptibles d’enrichir la réflexion et l’évolution du projet.
Débats
Traces d’un débats organisé par Question de classe
Comment les politiques managériales irriguent actuellement l’institution scolaire et
comment y résister ? (QUESTIONS DE CLASSE(S)
« Beaucoup a déjà été écrit sur la gestion de l’école et plus globalement des services publics, transformés par la logique néo-managériale du chiffre, de l’évaluation permanente et de l’économie de moyens. L’école a progressivement intégré ces démarches de concurrence et de compétitivité. Le quotidien des personnels en subit les conséquences : contractualisation et précarisation, crise de formation, de sens et de recrutement. Seuls le collectif et le syndicalisme de lutte peuvent contrer cette “libéralisation” et préserver la qualité et les principes du service public : égalité d’accès, pour
tou·tes, sans discrimination et adaptabilité aux besoins des usagèr·es et non à ceux de l’économie. »
Tel est le contenu du livre Caporaliser, exploiter, maltraiter – Comprendre le management des écoles pour mieux lui résister, par Jacqueline Triguel, aux éditions Questions de classe(s).
L’éducation nouvelle contre l’extrême droite
Que peuvent faire les militants de l’éducation nouvelle face à la montée des populismes et de l’extrême droite ? Cette question est l’un des cinq axes de la Biennale internationale de l’éducation nouvelle, qui se déroule à Nantes du 30 octobre au 2 novembre. Elle a été traitée notamment lors d’un débat et d’une rencontre avec Edwy Plenel durant la première journée.
Plénière : rencontre avec Edwy Plenel
Conférence gesticulée
Pour cette biennale de l’éducation nouvelle, Franck Lepage, créateur du concept des conférences gesticulées, s’était lancé un défi : construire une conférence avec cinq enseignant-e-s venu-e-s partager leurs expériences d’enseignement.
Le résultat, un spectacle engagé, plein d’humour et de petites caricatures de nos « journées portes ouvertes », de nos « projets » d’école, des conseils de maîtres… de tout ce qui marchandise l’école et la neo-libéralise ! Un petit moment de prise de conscience tout en humour, durant 2h30 de pur bonheur !
Monique Pinçon Charlot, sociologue ayant étudié la vie des ultra-riches avec son mari Michel pour le compte du CNRS, venait nous parler non d’éducation nouvelle, mais de la façon dont les puissants ont récupéré une partie des valeurs et pratiques de l’éducation nouvelle pour leurs écoles d’élite qu’il s’agisse de l’école des Roches, de l’école publique de la Légion d’honneur. Une conférence intitulée : « Et les ultra-riches bourgeois aiment aussi l’Éducation Nouvelle ! » Deux heures de militantisme pur jus, d’optimisme (enfin !) pour réenchanter un avenir qui passe peut-être par la révolution.
Plénière : rencontre avec Monique Pinçon Charlot
L’avenir de Convergence(s) Grand Caraboutchatcha
10 thèmes, 10 tables, 10 animateur-trice-s de table… et pas mal de participant-e-s pour venir durant une heure trente réinventer Convergence(s), discuter de gouvernance, de formation, d’économie, de communication, d’échanges au sein de notre assemblée, de nos mouvements… Comment penser Convergence(s) d’ici 2026 ? Un moment Caraboutchacha, plein d’idées et de remises en question !
2 novembre Clôture
